Développement durable et politique de l'habitat

Publié le 27/03/2016

 

L'individu de nos sociétés modernes et contemporaines bénéficie d'un certain confort de vie : habitat, santé, produits alimentaires, biens manufacturés, technologies, capacités de déplacement, fourniture d'énergie. Mais s'il est en mesure de produire à peu près tout ce dont il a envie, cela ne veut pas dire pour autant que la qualité de vie dont il bénéficie aujourd'hui soit exponentiellement meilleure à celle de ses aïeux d'il y a ne serait-ce que 100 ans.

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De plus, les ressources de la planète ne suffiront pas à une exploitation non régulée de l'ensemble de la population mondiale au sens où tandis que cette dernière augmente, tandis que sa consommation suit le même chemin, les matières premières ne sont pas quant à elles extensibles à l'infini ni inépuisables. Nous passons donc progressivement d'une économie de la profusion à celle de la rareté avec le cortège de problématiques et d'enjeux que celle-ci nous impose par la force des choses : augmentation du coût des matières premières et des produits alimentaires, contrôle des zones possédant des ressources naturelles, disparition des excédents agricoles, traitement de déchets sans cesse plus importants, dégradation de l'environnement, crises financières et sociales,...

Trouver les moyens susceptibles de favoriser une gestion plus intelligente de notre éco système et de ses ressources est donc devenu sinon une évidence pour le plus grand nombre du moins une nécessité pour celles et ceux qui s'interrogent de manière "prospective" sur le monde de demain. Il nous faudra tôt ou tard en effet revenir à une consommation plus raisonnée qu'elle ne l'est aujourd'hui, ce qui ne veut pas dire pour autant basculer sur des politiques de décroissance au sens strict mais plutôt sur une consommation différente fondée sur le bon sens.

Penser "développement durable" consistera à tenir compte conjointement de nos besoins actuels sans perdre de vue ceux des générations qui nous succéderont. Penser développement durable, c'est tout compte fait investir intelligemment pour un avenir au centre duquel se joue le destin de nos enfants. Un avenir qui passe par :

  • la diminution de notre empreinte écologique : mieux consommer les ressources naturelles et énergétiques, recycler efficacement nos déchets par le biais de cercles vertueux, préserver la diversité des espèces vivantes, encourager l'agriculture durable ; de manière à ne pas consommer plus de ressources naturelles que l'environnement ne peut en renouveler ;
  • le développement d'économies dont l'objectif serait de favoriser le bien-être des habitants, d'améliorer les conditions de vie matérielle tout en permettant au plus grand nombre d'en bénéficier, et ainsi créer d'autres formes de richesses et d'autres leviers porteurs de croissance économique ;
  • la préservation qualitative des éléments indispensables à la vie et au bon fonctionnement des sociétés : habitat, santé, éducation, emploi, politiques socio-économiques équitables,...

Le meilleur gisement d'énergie est celui que nous n'utilisons pas. Faire des économies d'énergie, entreprendre la rénovation énergétique et thermique de son logement pour en améliorer l'efficacité énergétique, par exemple, concourent bien entendu à faire baisser nos factures de consommation. Cette orientation est d'ailleurs fortement soutenue par la loi sur la transition énergétique et écologique, sur les dispositifs facilitateurs résultants de cette loi - nous le savons. Mais ces comportements aident aussi nos sociétés à moins construire de centrales, à développer davantage les énergies renouvelables, à réduire notre empreinte carbone, à moins exploiter de mines, à moins détruire ou polluer les milieux naturels.

Construire des logements qui consomment peu ou presque pas d'énergie, rénover des habitats anciens dans le même objectif, modifier l'organisation spatiale des villes (villes durables), répartir les zones d'habitats autrement (réduction des distances entre domicile et lieu de travail, développement du télétravail), exploiter l'énergie du soleil, celles de la biomasse, de l'éolien, de l'eau ou des sols (géothermie) : autant de leviers qui participeront à l'amélioration de nos conditions de vie, au développement d'une croissance durable et à un épanouissement harmonieux de nos sociétés.

S'agit-il ici d'une conclusion utopiste ? Sincèrement nous ne le pensons pas : en réalité, il y fort à parier que sous la pression des enjeux actuels nous n'ayons plus trop le choix que d'envisager une mutation profonde de nos modèles de logement et de consommation.